S'informer

Affiche de campagne

affiche F 5-1bis

  photos FL 016

Photo lancement de campagne

  • photos FL 021
  • photos FL 037

Recherche

   Les dernières élections européennes amènent quelques remarques et mettent en lumière de vraies ruptures.

Les socialistes doivent en tenir compte pour répondre concrètement à la situation politique d’aujourd’hui et porter un réel projet alternatif pour demain.

   - Il faut d’abord constater que l’Europe n’a pas de peuple européen.

Ce sont 27 peuples de 27 pays qui se retrouvent côte à côte, mais sans réelle unité historique ou territoriale. Cette situation explique sans doute que nous n’avons pas eu de vraie campagne européenne où le peuple soit interpellé et appelé à sanctionner les dérives destructrices des politiques libérales de la commission et du conseil européens.

   - La seconde remarque est plus liée à la France. La gauche politique et syndicale y est divisée à l’excès.

Le XXe siècle a ainsi accentué les divisions : la charte d’Amiens en 1906, le congrès de Tours en 1920, les scissions de 1947 ou 1964 ou plus récemment l’émiettement à l’excès.

Ces divisions, la gauche les paie à chaque échéance masquant ainsi la réalité des rapports de force. Les dernières élections européennes montrent, en France, une gauche globalement majoritaire. Mais le mode de scrutin proportionnel (pourtant défendu par beaucoup) empêche la lisibilité de cette réalité pour l’opinion.

La gauche est majoritaire mais divisée, la droite est minoritaire mais unie et rassemblée. C’est la droite qui fait alors figure de grand vainqueur.

Au-delà de ces deux remarques liminaires, il est important de prendre en compte des ruptures qui, en France, font évoluer la réalité politique. Il faut les analyser et s’y adapter. Ne pas le faire, marquerait un échec dans la durée pour la gauche.

Changer la société est un but ambitieux et volontariste, mais ne peut réellement se faire que si on gagne des élections et, en particulier, l’élection majeure qui reste la présidentielle.

   - C’est d’ailleurs la première rupture qu’il faut évoquer : la rupture institutionnelle.

En votant pour le quinquennat et en inversant le calendrier électoral, les socialistes (ou peut être un socialiste sûr de lui et orgueilleux) ont changé la nature même de la Ve République et par conséquent la vie politique française. Ainsi l’enjeu pour les partis politiques n’est-il plus de mettre en avant des idées, un projet, des propositions, mais bien un homme ou une femme qui doit correspondre à un moment de l’histoire et qui doit plaire « cosmétiquement ». Les idées de fond sont remises au placard. Du débat on préfère le slogan, plus rapide, mais sans doute moins efficace pour l’avenir du pays. On s’en rend bien compte aujourd’hui.

Le Parti Socialiste change lui-même de nature, puisque la présidentielle structure le calendrier électoral. L’individu prime sur le collectif et la traduction médiatique est forte pour celui ou celle qui s’exprime contre le Parti. Ce piège médiatique est mortel à terme pour notre organisation politique. Chacun doit se reprendre et ne jamais oublier que le Parti est un collectif pas une somme d’individualités contradictoires ou en compétition !


   - La seconde rupture est communicationnelle.

La droite a compris entre 1997 et 2002 qu’elle devait mettre la main sur tous les moyens de communication (journaux, radios, télés et désormais Internet).

Aidée en cela par les marchands d’armes et de ciment, cette droite, décomplexée, est parvenue à son objectif et se trouve désormais dans une réelle domination de l’information.

Le slogan fait désormais office de pensée profonde et le mensonge présenté avec un aplomb déconcertant devient-il la nouvelle vérité ! L'information remplace la connaissance !

A cela il faut ajouter la technique bien rodée de la meute qui, sur toutes les ondes le même jour, porte le même message. C’est d’une efficacité redoutable face à des socialistes peu sûrs d’eux-mêmes et surtout incapables d’avoir un discours unanime sur quelque sujet que ce soit (même pour dénoncer la politique du pouvoir en place !).

Enfin les socialistes sont victimes de l’évolution technologique.

Fini le temps où les médias (et surtout les télévisions) appelaient le Parti pour avoir un représentant socialiste sur un plateau. Désormais les téléphones portables permettent aux journalistes d’appeler directement leurs intervenants. Et comme par hasard ( ?!) plus ils s’expriment contre le Parti et les socialistes en général, plus ils sont invités.

Soyons attentifs à ces manipulations dont nous sommes collectivement victimes.

   - La troisième rupture touche les électorats plutôt traditionnels de la gauche :

les plus modestes ne votent plus sauf aux municipales et à la présidentielle.

Ce président de la République semble ainsi arriver à ses fins : les pauvres ne votent plus.

En effet, plus la situation économique et sociale est difficile pour nos concitoyens et moins ils participent à un scrutin. On l’observe clairement dans les quartiers populaires habituellement favorables à la gauche.

A cela il faut ajouter que l’électorat de gauche reste difficile à mobiliser au premier tour d’une élection.

Enfin l’électorat classes moyennes - classes moyennes supérieures est de plus en plus versatile. Il est ainsi capable de voter MODEM à une présidentielle, Verts à des européennes et peut-être demain socialiste à des régionales.

Ce vote est conscient (même s’il cède parfois à des modes que les médias fabriquent). Il faut donc communiquer et donner une perspective politique à cet électorat qui a l’habitude d’aller voter. C’est d’espoir et d’ambition collective dont nos concitoyens ont besoin, pas d’un discours incompréhensible.

Notre projet  de société doit savoir rassembler ces différents électorats pour un destin commun.

   - Enfin la dernière rupture concerne le Parti Socialiste lui-même.

Voir en 2005 des dirigeants faire campagne contre le vote clair et massif des militants.

Voir en 2008 un congrès de Reims tronqué et détourné du choix militant.

Deux ruptures profondes qui déconcertent les militants. On comprend alors la colère, le découragement et la tristesse des militants face à un parti qui semble avoir perdu sa base essentielle : le respect du vote militant.

Il faut, au contraire, redonner du sens à ce vote militant.

Consulter et appliquer les décisions collectives seront les seuls moyens pour redonner une dynamique et un attrait au Parti Socialiste.

   Ecouter la base, refonder nos idées, rassembler la gauche, faire taire les égos, redonner de l’espoir aux Françaises et aux Français, porter un projet alternatif, une perspective doivent être la feuille de route de tous les socialistes.

   Pour cela, il faut un capitaine à bord respecté et respectueux, qui sache donner un cap, porter des idées et des propositions claires et attractives.

   J’espère que ces vacances d’été donneront à chacun le temps de réfléchir et de choisir l’ambition collective plutôt qu’individuelle, les propositions de fond plutôt que le slogan, l’adaptation à la société d’aujourd’hui plutôt que le retour à de vieilles lunes dépassées.

   Notre défi est grand : porter un projet politique ambitieux, réaliste, rassembleur.

Donner de l’ESPOIR à une société désemparée et inquiète pour l’avenir.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Derniers Commentaires

Participez !

Mieux nous connaître

Frédéric Leveillé et

Monique Lermier

23 janvier 2011-P-tures -2-







 
>> S'informer                                       

 
inscription à la newsletter du Parti socialiste




















Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés