Le blog de Frédéric Leveillé

                                                                                                                                                                          A grand renfort de tapage médiatique, comme à son habitude, le président de la République se déplaçait, mardi dernier, dans le Jura afin de parler d'agriculture.
  
   En fait de parler d'agriculture, l'objectif fut, finalement, de se mettre en scène pour faire des annonces importantes qui ne le sont pas si on y regarde de plus près.

   En effet, l'annonce (reprise par la presse en gros titre !) est de 1,6 milliards d'euros.
En fait, le milliard correspond à des taux bonifiés pour les agriculteurs qui souhaitent emprunter, et l'Etat ne garantit cet emprunt qu'à hauteur de 60 millions d'euros.
De plus dans les 600 millions d'euros qui restent, le président s'et bien gardé d'expliquer que environ 300 millions concernaient du recyclage d'annonces de sommes déjà faites auparavant.

   Donc, si on compte bien, le "super plan présidentiel" n'est, en fait , que de 300 millions d'euros. C'est déjà bien autre chose que l'annonce médiatique effectuée !

   Aujourd'hui, ce sont toutes les filières agricoles qui sont touchées par une crise à la fois conjoncturelle mais surtout structurelle.
La filière lait fait parler d'elle (et à juste raison !), mais la filière porcine est en grande difficulté, la viticulture aussi et la filière des bovins à viande n'est pas dans une meilleure situation du fait des annonces de baisse des droits de douane envisagée au niveau mondial.

   Le président de la République, qui montre jour après jour qu'il ne connaît pas et ne s'intéresse pas à l'agriculture, n'a pas pris la mesure des difficultés.

   Pourquoi en sommes-nous là ?
Tout simplement parce que les libéraux (économiques!), bref la droite, sacrifie l'agriculture au nom de la seule rentabilité financière mondiale.
La baisse des prix mondiaux a sacrifié l'agriculture des pays en développement mais elle a mis à mal également l'agriculture des pays développés.

   Il est urgent de mettre réellement (et pas seulement dans un discours compatissant !) des outils de régulation du commerce mondial en considérant que les produits alimentaires ne peuvent être traités comme les autres.

De plus, il devient urgent de relocaliser les productions afin d'assurer à l'agriculture son rôle alimentaire.

   Enfin, à l'heure de la préparation du sommet de Copenhague, comment ne pas revendiquer, qu'enfin, les transports maritimes et aériens soient comptabilisés dans les emissions de gaz à effet de serre sur la planète.
La donne du commerce international pourrait en être changé !
Et pour le bien de la planète toute entière !!
Jeu 29 oct 2009 Aucun commentaire