Le blog de Frédéric Leveillé
(Ci-dessous, un article que j'ai rédigé au début du mois de décembre et que je mets à votre disposition pour alimenter un débat. N'hésitez pas !).
Le développement durable est aujourd’hui un concept à la mode, galvaudé dans son utilisation et, bien souvent dans sa réalité.
Pour autant, les trois piliers qui le composent : économique, social et environnemental doivent être appréhendés dans leur intégralité et définir, ainsi, un nécessaire nouveau modèle de développement.
Le socialisme à toutes les échelles (du local au mondial) doit porter le développement durable comme, désormais, une part intégrante de sa composition et ses fondements.
Au-delà de l’actualité, c’est un moyen de répondre aux trois grands défis devant nous : démographique, alimentaire, environnemental.
C’est la raison pour laquelle nous souhaitons définir les contours du développement durable et structurer une politique cohérente et globale capable de fixer des perspectives politiques dans un monde de doutes.
Si l’écologie n’est qu’une réponse partielle, il nous faut imaginer de nouvelles approches politiques dans l’élaboration de projets.
Ainsi le diagnostic partagé doit devenir la règle et plus l’exception. De même, il est utile d’inscrire l‘évaluation de toute politique dès l’origine d’un projet et réaliser un partage de diagnostic sans complaisance.
C’est la notion même de démocratie qu’il nous faut refonder afin d’associer le plus grand nombre aux décisions et fournir ainsi une responsabilité significative aux citoyens.
Le développement durable ne peut se réduire à du « cosmétique » ou de l’effet d’annonce.
Il doit, au contraire, définir des stratégies politiques globales qui répondront aux enjeux devant nous, avec détermination et courage.
Détermination, car il faudra faire bouger des lignes politiques partout pour prendre réellement en compte les objectifs.
Courage, car il faudra affronter, avec de nouvelles réponses, un modèle économique dominant qui nous mène, collectivement, dans le mur.
C’est ce nouveau modèle de développement qu’il faut porter en France, en Europe et dans le monde.
Le socialisme ne peut se réduire à des chimères d’hier jamais réellement mises en place. Il est important, au contraire d’inventer de nouvelles réponses continuant à mettre l’Homme au centre de nos préoccupations, et prenant en compte l’avenir de notre planète.
Le socialisme s’est construit autour d’un rapport de force entre ouvriers et patrons, entre prolétaires et possédants du grand capital. Ces derniers exploitaient non seulement les Hommes, mais aussi les ressources et les territoires.
Aujourd’hui, ce capitalisme industriel a laissé place à une financiarisation à outrance. Tout s’est accentué, y compris avec l’aide et l’utilisation des nouveaux moyens technologiques de communication.
Au nom de la seule rentabilité, on a continué (et même accentué) une exploitation de l’Homme à travers le monde. La planète a été surexploitée sans se soucier des conséquences. L’approche sociale et sociétale du développement humain a été négligée préférant le retour sur investissement le plus rapide possible.
Les pays dits développés ont utilisé, exploité et colonisé des territoires qui ne demandaient qu’à se développer pour mieux vivre.
Aujourd’hui, certains veulent interdire le développement de sociétés sous prétexte qu’elles porteraient atteinte à la planète. Les mêmes qui veulent restreindre se sont largement servis.
Parmi les perspectives pour les socialistes, nous proposons une plus grande sobriété dans l’utilisation des ressources, surtout dans les pays développés, et une approche plus graduelle selon le niveau de développement.
En outre, l’utilisation de la terre mérite d’être revue afin d’envisager une autre agriculture et une approche nouvelle des échanges agricoles et agro-alimentaires dans le monde.
Enfin l’Indice de Développement Humain (qu’il faut peut-être rénover) doit être à la base de la prise en compte des besoins économiques et sociaux des populations.
C’est un autre avenir que les socialistes ont à inventer pour demain. Il passe par une mobilisation démocratique autour des enjeux économiques, sociaux et environnementaux.
Ce sera, sans doute, un moyen plus utile et efficace pour répondre, entre autres, aux trois grands défis qui sont devant nous.